Internet n’est-il pas devenu le fast-food de l’image ?

Juin 19, 2023 | Ma démarche | 6 commentaires

Avant propos

J’avoue que ce titre est un peu provocateur, mais face à l’abondante profusion d’images auxquels je suis confronté chaque jour à travers les réseaux sociaux et le web d’une façon plus générale, certaines questions ont commencé à titiller mon esprit.

Avant d’élaborer une réflexion autour de cette question et pour éviter toute confusion, je tiens à préciser qu’à chaque fois que j’évoquerais la photographie, je parlerai de la photographie d’art ou artistique. A partir de quel moment, je considère qu’une photo est une œuvre d’art ? Disons que dès lors que le photographe explore son potentiel créatif avec une réflexion autour de sa démarche, je considère que la photographie est artistique. La photo peut être bonne comme mauvaise. Ce n’est pas parce qu’elle est passée par un processus créatif qu’elle est forcément bonne. Et d’ailleurs, tout cela est très subjectif finalement. La photographie artistique se distingue par conséquent d’une simple photo informative qui peut être utilisée à des fins documentaires, journalistiques, familiales ou personnelles sans intention créative particulière.

Je disais donc que face à la profusion d’images accessibles sur le net, certaines questions ont commencé à chatouiller mon esprit.

Qu’est devenu notre rapport à l’image et quel avenir pour la photographie ? Quelle est l’importance de l’impression dans un monde dominé par les images numériques ? Quels sont les avantages et les inconvénients de la photographie numérique par rapport à l’impression sur support physique ?

Mais tout d’abord, où sont stockées les données numériques que nous produisons chaque jour ?

Le Big Data

Selon les dernières estimations, le volume des données numériques générées dans le monde ne cesse d’augmenter et risque de dépasser les 180 zettaoctets. Afin de se donner une idée de l’échelle, un zettaoctet équivaut à un milliard de téraoctets, soit mille milliards de gigaoctets. Difficile d’imaginer le nombre de disques durs nécessaires au stockage !

Pour vous faire une petite idée de l’évolution du phénomène voici un schéma.

Selon certaines études, l’ensemble de toutes les données produites depuis le début des temps numériques jusqu’en 2008 correspondrait aujourd’hui à la masse de celles qui sont générées chaque minute.

L’explosion quantitative (big bang) des données numériques a ainsi fait naître le « Big Data ». Littéralement, ces terme signifient données massives. Le Big Data désigne un ensemble de données extrêmement volumineuses, variées et complexes nécessitant des méthodes et des technologies spécifiques pour les stocker, les traiter et en tirer des informations.

Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques car ce n’est pas l’objet de ce post. Tout ce que nous pouvons retenir c’est que le Big Data a été inventé par les géants du web pour stocker des données et permettre à tout le monde d’accéder en temps réel à des bases de données géantes.

Tous ces équipements de stockage qui occupent de plus en plus de place sur la planète ont une énorme empreinte carbone et le Big Data a donc un impact significatif sur l’environnement, mais comparé au stockage sur papier, il offre d’énormes avantages comme par exemple un espace physique réduit et un accès quasiment instantané à toute cette immense banque de données. L’utilisateur n’a plus besoin de se déplacer pour recueillir une multitude d’informations. Il lui suffit d’avoir un téléphone, une tablette ou un ordinateur pour se connecter à internet.

Le Big Data nous offre par conséquent une facilité d’accès et d’utilisation à une gigantesque banque d’images. Cela a forcément une incidence sur notre relation à l’image. Et c’est ce que nous allons voir ensemble.

Un nouveau rapport à l’image

Aujourd’hui, tout le monde peut faire de la photo avec son smartphone. Les appareils photos sont devenus de plus en plus performants et nul besoin d’être un professionnel pour y avoir accès. De plus, tout peut être diffusé sur le web quasiment en temps réel. Cette profusion d’images numériques à véritablement transformer notre rapport à l’image.

En 2010, qui aurait pu imaginer que certains NFT (des œuvres d’art numériques) garantis par une blockchain (registre numérique), se vendraient des millions de dollars aujourd’hui ?

Les réseaux sociaux ont largement contribué à saturer notre environnement numérique d’images. En quelques clics, les utilisateurs peuvent publier une photo et interagir avec leurs contacts. Tout est conçu pour maximiser l’engagement et inciter les utilisateurs à passer plus de temps qu’ils ne devraient sur ces plateformes. Cette surabondance d’images a conduit les utilisateurs à consommer rapidement ces images. Il en résulte une approche plus superficielle et une banalisation de l’image.

D’ailleurs, mes photos de rue abondent de scènes qui décrivent l’influence des images sur les citadins. Toutes ces images sont tellement présentent dans l’espace public et urbain que nous n’y prêtons plus attention.

La profusion d’images qui envahit le monde numérique et physique a largement contribué a transformé notre rapport à l’image. Il est évident que le numérique a d’énormes avantages comparé à l’ancien mode de stockage sur papier. De plus, le papier n’aurait pas pu répondre de façon pratique à une démographie galopante qui ne cesse de faire inévitablement augmenter le volume de stockage.

Même si ce nouveau modèle d’accès à l’image comporte de nombreux avantages, il est indéniable qu’il contient également des inconvénients comme par exemple la tendance à traiter rapidement ces nombreuses images qui inondent la toile d’où le titre un peu provocateur de cet article. Cette abondance d’images ne risque-t-elle pas de conduire les utilisateurs à les consommer comme on se restaure dans un fast-food ? N’y a-t-il pas un risque d’indigestion ? De plus, vue le nombre de photographes sur la planète, il est de plus en plus difficile de trouver un style original. N’y a-t-il pas un risque de tomber dans une forme de standardisation de la photographie et de produire des images comme on produit des burgers ?

Dans la masse d’images qui stimulent notre rétine chaque jour, il y a néanmoins de nombreuses photos qui méritent notre intérêt et qui demandent bien plus que quelques secondes d’observation pour s’imprégner pleinement de l’atmosphère et de l’histoire qu’elles racontent.

Par exemple, le fonctionnement du fil de l’actualité des réseaux sociaux est basé sur la rapidité du traitement de l’information. Et plus l’utilisateur de ce type de plateformes a de contacts et plus il doit traiter l’actualité rapidement. Comment peut-il apprécier en profondeur et à leur juste valeur chaque photo qui défile sous ses yeux ?

Je suis moi-même un utilisateur des réseaux sociaux. Je les utilise pour découvrir le travail riche, stimulant et inspirant d’autres artistes et aussi comme une vitrine de mon propre travail. Je pense qu’ils ne doivent pas être utilisés comme une fin en soi mais comme un moyen de faire connaître sa production photographique et avoir un premier retour d’impression.

De l’image à la photographie

Je pars du principe que toutes les photos publiées sur internet sont des images et qu’elles ne deviennent des photographies qu’après être passées par différentes étapes dont la finalité est d’être imprimées sur un support physique.

D’ailleurs, d’un écran à l’autre, la photo change de couleurs et de contraste car elle ne peut être calibrée pour tous les écrans. L’aspect peut par conséquent ne pas du tout correspondre à ce que le photographe a voulu obtenir initialement. Avec l’impression aucun risque que cela change.

Et puis la photographie imprimée sur un support physique peut être observée sans aucun matériel de lecture contrairement au numérique. Même si ce point de détail semble anodin, imaginons que pour x raison, une immense panne informatique survienne un jour et que des milliards d’images numériques disparaissent, il nous restera toujours les tirages photos.

Face à un imprimé, on ne ressens pas du tout la même chose. Le rapport est différent. Par exemple, un livre imprimé peut nous offrir un complément d’expérience par la texture, la couleur ou même l’odeur du papier contrairement à la version numérisée. De la même façon, la photographie imprimée à ce supplément d’âme qui fait toute la différence.

Par exemple, le choix d’un papier de qualité et d’une présentation artistique spécifique crée une expérience visuelle plus personnalisée. De plus, l’impression photographique permet de se concentrer uniquement sur l’image, ce qui favorise une expérience plus immersive.

Les musées ou les institutions dont le but est de conserver et d’archiver les photographie originales peuvent les numériser et même les exposer sur des écrans mais ce n’est que pour mieux protéger les originaux qui sont précieusement conservés à l’abri des regards et de la lumière, et qui sont, quant à eux, imprimés sur papier.

Les lectures de portfolio qui se déroulent par exemple chaque année aux rencontres d’Arles (festival international de la photographie) et qui sont examinés attentivement par des experts de l’industrie de la photographie tels que des conservateurs, des éditeurs, des galeristes, des commissaires d’exposition et des critiques sont principalement réalisées à partir d’impression sur des supports physiques.

Il convient de noter que les experts jugent l’ensemble du portfolio de la boite jusqu’à la présentation. Le portfolio est un objet d’art qui reflète la personnalité de l’artiste. Tous les experts recommandent fortement de concevoir un portfolio sur un support physique pour des raisons pratiques et une expérience plus conforme au rendu initial souhaité par le photographe. En effet, les portfolios présentés sur des supports numériques tels que les clés USB et disques durs peuvent changer d’aspect d’un écran à l’autre.

Pour tous celles et ceux qui s’intéressent à la réalisation d’un portfolio, je recommande vivement l’ouvrage « Concevoir un portfolio de photographie » écrit à quatre mains par Sylvie Hugues et Jean-Christophe Béchet.

Conclusion

Vous l’aurez compris, ce petit article est moins une analyse sociologique sur notre rapport à l’image qu’une réflexion personnelle autour de cette question. Le Big Data révèle une explosion quantitative des données numériques qui peut produire l’infobésité, néologisme se référant à une situation où une personne est confrontée à une surcharge d’informations difficiles à traiter. C’est une conséquence de l’ère numérique et de l’explosion des technologies de l’information et de la communication qui ont rendu l’accès à l’information plus facile et rapide que jamais.

Aujourd’hui, nous sommes tous connectés et donc tous confrontés, à différents degrés, à ce phénomène de surcharge cognitive renforcée par les réseaux sociaux. Il en résulte, pour revenir au sujet de la photographie, un risque de banalisation des images qui défilent par milliards chaque jour sur tous les écrans du monde. Pour donner une idée de l’ampleur de ce phénomène, en 2019, il a été estimé que plus de 1,4 billions de photos ont été prises dans le monde entier cette année-là.

Il est évident que l’ère du numérique facilite grandement cette production d’images et qu’à l’ère de l’argentique, il nous aurait été difficile d’en produire autant à moins d’être devant un problème écologique majeur lié au développement des pellicules.

De plus, avec l’évolution des technologies, les appareils photos sont de plus en plus performants. Avec le mode rafale de plus en plus véloce et un autofocus de plus en plus infaillible, il est devenu difficile de rater une photo. D’ailleurs, j’ai appris récemment que Nikon venait d’inventer une nouvelle façon de prendre des photos (prise de vue automatique) en paramétrant la prise de vue en fonction de nombreux critères (détection de mouvement, de distance, de couleurs, de formes, etc). Ainsi l’appareil photo peut prendre des scènes ou des sujets précis sans aucune intervention humaine. La fameuse expression « c’est le photographe qui fait la photo, pas l’appareil photo » sera bientôt caduque.

Devant l’évolution des technologies qui ne cessent d’aller toujours plus loin et plus vite, une question se pose. Quel est l’avenir de la photographie ?

Je pense que la photographie continuera de passionner de plus en plus de monde. Désormais, elle est accessible à tout le monde. D’ailleurs, les smartphones sont souvent plus utilisés pour réaliser et traiter des photos que pour téléphoner. La créativité photographique subira de plus en plus de concurrence et il sera de plus en plus difficile de se faire remarquer. Si Robert Doisneau avait 20 ans en 2023, il n’aurait peut-être pas autant marqué l’histoire de la photographie.

L’intégration de l’intelligence artificielle dans la photographie jouera un rôle de plus en plus important. La réalité augmentée offrira des expériences photographiques interactives et immersives. Les écrans digitaux seront de plus en plus utilisés pour afficher des photos. Nous observons déjà une tendance croissante à cet égard. Cependant, je ne pense pas que cela signifie nécessairement la fin de l’impression physique des photographies. Les tirages papier traditionnels continueront d’avoir leur place et leur valeur pour de nombreux amateurs et experts en photographie. D’ailleurs, les imprimantes portables et les appareils photos instantanés continueront à gagner en popularité permettant aux gens d’obtenir des impressions de leurs photos en temps réel.

Les drones équipés de caméras de plus en plus sophistiquées ouvriront de nouvelles perspectives pour les photographes.

Les logiciels de retouche continueront d’évoluer en intégrant de plus en plus d’intelligence artificielle dans leur programmation. D’ailleurs, l’éditeur de la suite Adobe vient d’annoncer une fonctionnalité vraiment impressionnante dans la version bêta de Photoshop appelée « remplissage génératif » entièrement guidée par l’intelligence artificielle. Cette fonctionnalité permet d’ajouter, d’étendre ou de supprimer du contenu dans les images de façon vraiment bluffante. Certains puristes qui pensent que les photos doivent refléter la réalité et ne doivent pas contenir des éléments artificiels doivent se sentir de plus en plus décalés face à ce ras de marée de l’IA que rien ne semble pouvoir arrêter.

L’intelligence artificielle mérite un article entier pour aborder les avantages et les inconvénients de cette nouvelle simulation de l’intelligence humaine. Mais je pense que bien utilisée, elle peut s’avérer très pratique et stimuler notre créativité.

Enfin, je pense que les réseaux sociaux continueront à influencer la créativité photographique à condition de ne pas en abuser car ils peuvent aussi conduire les utilisateurs à ce que j’ai décrit précédemment à travers la notion d’infobésité.

Le tirage photo me semble être l’aboutissement ultime dans la démarche photographique. Réaliser un portfolio ou un livre est une étape cruciale dans le processus créatif. Il est l’aboutissement d’une forme de maturité de son écriture photographique. Ce travail nécessite du temps pour réfléchir au sujet et à la cohérence de sa présentation mais c’est, d’après moi, le plus sûr moyen de transformer des images virtuelles en photographies « réelles » qu’on prendra le temps de regarder, que l’on montrera aux autres et que l’on transmettra aux générations futurs.

Nous pouvons publier des milliers de photos en vrac sur les réseaux sociaux ou sur des sites internet dédiés à la photographie avec toute la sincérité, l’originalité et l’authenticité de la démarche artistique sans que cela ait un impact significatif dans l’histoire de la photographie. Je pense que les images deviennent des œuvres photographiques dès lors qu’elles sont originales et ont subi une sélection cohérente à travers un sujet et une réflexion en vue d’être exposées dans des galeries, des musées, des lieux dédiés à l’art ou publiées dans des livres, des zines ou des portfolios.

Très clairement, je pense que le travail du photographe, amateur comme professionnel, ne se limite pas à la prise de vue. Je pourrais même dire que la prise de vue et la retouche ne représentent qu’une infime partie du temps consacré à la photographie par un utilisateur passionné.

Dans le cas contraire, ces images risquent fort de tomber dans la poubelle de l’histoire et nourrir l’insatiable appétit de l’ogre vorace du big data en ingérant sans mâcher des millions d’images comme sont engloutis chaque jour des tonnes de burgers dans les fast-foods.

Si, dans les prochains temps, vous me voyez un peu moins actif sur les réseaux sociaux, vous aurez compris que je me dégage du temps libre pour réaliser un portfolio ou un livre.

Merci d’avoir pris le temps de lire cet article et n’hésiter pas à m’écrire ce que vous en pensez en commentaire.

Evgen Bavcar est né

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Valérie
Valérie
11 mois il y a

Très intéressant bien que trop long selon moi. Quelques répétitions. Sujet hardu à traiter cependant donc bravo !

Jacques
Jacques
11 mois il y a

Deux sujets imbriqués : le support de restitution papier versus digital avec une réflexion intéressante sur l avantage du premier pour rester ´confirme ´ à l intention initiale et un autre peut être plus important
Que reste t il pour la créativité du style original de l auteur avec toute la technologie disponible et l IA en point d orgue ?
Mais à contrario on peut se demander si le mérite de l auteur se mesure à sa virtuosite à maîtriser les réglages ?
Donc article très intéressant
Un peut dommage qu il traite les deux sujets à la fois
Comme dit dans l autre commentaire, des redites et je trouve une conclusion qui reprend plutôt du développement

Zahn Danielle
Zahn Danielle
11 mois il y a

La photographie et son histoire je pense évolue avec le temps et dans le temps ..
Son histoire est déjà si décrite et possède tant de témoignes émouvants , artistiques , des œuvres d’art ..
Elle touche à l’esthétisme et à l’émotion , témoignages , récits ..
Écrire et transmettre son émotion , restera toujours un don , un acte de communication , un désir de partager, de toucher , de donner .
La photographie reste pour moi un art essentiel de la vie , une pratique très personnelle et profonde , sensible .
Il est vrai qu’avec l’évolution du matériel , il devient plus facile et surtout beaucoup plus usuel dans la vie de tous les jours d’ouvrir son regard et de figer des instants ..
Cela doit pour autant garder tout son sens émotionnel et artistique .. et ne pas tomber dans un flot de sur consommation qui rendrait ce geste anodin , lui volerait sa valeur ..
Il est vrai que les réseaux sociaux abondent en parution journalière , que beaucoup de photographies y défilent chaque jour …
Pour ma part j’ai beaucoup appris du travail des autres sur ces réseaux sociaux .. J’ai appris à mieux connaître le sens de ma pratique photographique et son pourquoi , comment ..
Prendre le temps de savoir pourquoi une photographie me touche et pourquoi elle ne me touche pas est une chose que j’aime réaliser . Cela me touche et me fait avancer .
J’ai beaucoup appris des autres ..
Les partages sur ces réseaux sociaux m’ont amenée à rencontrer d’autres photographes dont je partage le sens de la pratique , et de l’image , la même philosophie .. et cela a été pour moi une très très grande richesse de pouvoir échanger dans la
, des instants autour de la photographie , de l’amitié, du voyage, et du partage .
Pour ce qui est de l’avenir de la photographie , je partage le sentiment qu’une photographie imprimée est allé jusqu’au bout de son histoire .. Pouvoir toucher le papier , promener son regard sur une belle sensation de velours , de grain .. de couleurs imprimées .. ou de N&B profond , voir sous ses yeux une belle impression où la lumière se fait beaucoup plus palpable que sur un écran , est un aboutissement et une joie profonde .. Comme une révélation , un développement ultime .
J’imprime certaines de mes photographies .. et j’admire les impressions de mes amis et amies .. Les livres sont aussi présents chez eux comme chez moi , sur des thèmes choisis et réfléchis .. Comme un aboutissant . Comme ce plaisir ressenti en admirant une exposition .

Je veillerai toujours à garder ce recul , à mettre sur pause quand l’esprit en ressent le besoin pour garder une certaine spontanéité d’expression , mais la photographie je pense évoluera avec le temps . Elle poursuivra son histoire avec ses outils ….
À nous de prendre soin de garder en elle toute son émotion , son sens artistique qui nous est propre à chacun selon nos sensibilités toutes différentes .. et surtout .. ne jamais oublier qu’elle est un moyen d’expression très personnelle et sensible, un don .
Je reste fascinée tous les jours par son formidable pouvoir émotionnel ..
Elle nous fait vibrer et touche si fort les émotions si diverses .. Elle est un art qui me fascine …