Pourquoi les photographes sont-ils des obsessionnels ?

Mar 20, 2024 | Accueil | 12 commentaires

1. Introduction

Bonjour !

Bienvenue sur mon blog, L’œil du photographe !

Je m’appelle Fabrice Mercier et depuis bientôt un an, je publie du contenu en ligne sur la photographie, pour partager avec vous des réflexions sur des sujets variés et vous aider à développer votre créativité en vous inspirant de mon expérience.

Aujourd’hui, je vais essayer de répondre à une question qui me trotte dans la tête depuis un moment.

Pourquoi les photographes sont-ils des obsessionnels ?

Umberto Eco a écrit « Chaque écrivain raconte toujours une même obsession, une même image archétypale à jamais fixée dans son cerveau, son cœur ou ses entrailles » et quel domaine incarne aussi bien cette quête de l’image archétypale si ce n’est la photographie.

Henri Cartier-Bresson a écrit : « La photographie est une réponse immédiate à une interrogation perpétuelle ». Ainsi, le décor est posé.

Par exemple, on ne choisit pas la photo de rue pour devenir riche. Si un photographe gagne l’équivalent d’un ou deux kébab de temps en temps, c’est déjà bien. Même les grands photographes de rue ne vivent pas uniquement de cette activité. Prenez le cas de Sabine Weiss. On retient de sa longue carrière de photographe, principalement ses photo de rue mais ce sont les commandes pour la publicité ou la mode qui lui ont permis de vivre.

En fait, on dirait que c’est la photo qui nous choisit et non l’inverse.

Mais qu’est-ce qui motive le photographe à battre le bitume régulièrement par pluie ou par vent sans relâche à la recherche de l’image qui le touche ?

Graciela Iturbide, photographe mexicaine a écrit : « L’obsession inconsciente que nous, photographes, avons, c’est que partout où nous allons, nous voulons trouver le thème que nous portons en nous. » La photographie semble donc être une quête.

Quant à Willy Ronis, il a dit : « Je ne suis jamais sorti sans mon appareil photo, même pour acheter du pain. » Cette citation doit forcément parler à la plupart d’entre nous photographes de rue.

Lors de l’excellente exposition sur Elliott Erwitt que j’ai eu la chance de voir à Lyon au mois de décembre dernier, j’ai pris plaisir à l’écouter expliquer, lors d’une projection d’une de ses interviews, qu’avant de produire une photo intéressante, il réalisait beaucoup de photos ratées. Même chez ce talentueux photographe, il ne suffisait pas d’appuyer sur le déclencheur pour obtenir une photo d’exception. Ses planches-contacts en témoignent. Et je rappelle qu’Elliott Erwitt a photographié toute sa vie en argentique. Il en consommait des pellicules avant de tomber sur la fameuse pépite. De plus, il avait toujours deux appareils photo sur lui, un pour le noir et blanc et un autre pour la couleur.

Il y a donc une irrépressible obsession chez tous photographes en herbe.

Mais pourquoi donc tout donner pour une image ?

Pour son livre « Exils » Joseph Koudelka sélectionna 75 photos sur 300 000 qu’il réalisa en argentique sur 20 ans ! 300 000 photos sur 20 ans ! 15000 photos par an ! Rien que cela !

Mais quelle est la véritable nature de cette quête dans laquelle le photographe y consacre toute sa vie ?

C’est ce que nous allons voir ensemble tout au long de cet article.

2. L’obsession du détail

Pour commencer cette investigation, je me suis inspiré de l’ouvrage de Roland Barthes « La chambre claire » dans laquelle il s’interroge sur ce qui va transformer son regard en observant une photographie.

Chaque photographie provoque chez le spectateur des impressions différentes en fonction de certains détails qui leur sautent aux yeux. Il semble que le détail soit un élément central dans la lecture d’une image. Roland Barthes se penche sur ce drôle de phénomène qui produit soudainement chez l’observateur un intérêt particulier pour une photo et pas une autre. C’est comme si la photo inversait les rôles et se mettait à communiquer avec l’observateur.

D’ailleurs, nous pouvons constater le même phénomène dans la musique.

Nous l’avons vu lors d’un autre article sur la perception visuelle que la vision se focalisait sur certains détails en fonction de son expérience et de sa culture et qu’elle était foncièrement subjective.

Par exemple, en observant une photo de vous, vous remarquerez certains détails que d’autres ne verront pas.

De la même façon qu’une personne regarde une photo, le photographe regarde le monde en focalisant son attention sur des détails qui correspondent à l’intérêt du moment, jusqu’à ce que l’alchimie de l’obsession du détail opère.

Joseph Koudelka a dit au sujet de sa façon de photographier « Je cherche où la photo m’attend ». C’est comme si la scène nous attendait pour opérer. Il y a quelque chose de l’ordre de la magie ou de l’alchimie contextuelle qui intervient et qui va au-delà du pur hasard selon moi.

Wesley Verhoeve est un photographe et conservateur qui travaille à Londres et à New York. Durant la pandémie de Covid en 2020, il s’est retrouvé coincé à Vancouver au Canada où il n’avait jamais été auparavant. Étant donné qu’il était bloqué au même endroit durant 5 mois, il décida de photographier le quartier dans lequel il se trouvait. « Notice » (en anglais le terme signifie remarquer) et qui est le titre de se livre remarquable est le résultat de ses 5 mois où Wesley arpenta chaque recoin de ce quartier en faisant attention au moindre détail.

D’ailleurs, dans le cadre de ce projet, Verhoeve a dit qu’il avait dû apprendre à voir et en effet, il a parcouru le même quartier jour après jour et en a fait des milliers de photos avec une attention constante à ce qui s’offre à son regard comme les changements de lumière par exemple.

Le travail qu’il a réalisé durant cette période est énorme. En effet, du 4 avril au 5 août 2020, il a réalisé 123 marches quotidiennes ; ce qui correspond à 1230 kilomètres et 307 heures de marche. À cette occasion, il a pris 34194 photos.

Il a donc appris à voir, mais le tour de force de ce livre c’est qu’il nous apprend aussi à nous lecteurs à voir. La composition de l’ouvrage nous pousse à l’observation et à scruter chaque détail et à nous dire « Tiens ! Ça je ne l’aurais pas remarqué. Je devrais peut-être faire un peu plus attention à ce qui m’entoure ».

Ainsi, la photographie aurait aussi ce pouvoir de nous apprendre à mieux voir le monde dans lequel nous vivons.

3. L’obsession du temps

L’invention de la photographie a bouleversé notre conception du temps et notre rapport à celui-ci.

En effet, depuis que Nicéphore Niépce inventa le moyen de fixer l’image de la chambre noire sur un support et que Daguerre en améliora le procédé, la photographie changea en profondeur notre rapport au temps.

L’appareil photo est une merveilleuse machine à remonter le temps.

J’appuie sur le déclencheur, le capteur mémorise le présent qui, l’instant d’après, n’est déjà plus.

Dès le début de la photographie, les adversaires comme les partisans de cette invention s’accordent sur un point : cette dernière est une emprunte, un enregistrement du réel. Donc, dès l’origine, bien avant que la dimension artistique lui soit associée, la photographie a une fonction mémorielle.

Ainsi, elle peut reproduire à l’instant T, toutes les choses aimées comme par exemple le fauteuil de l’aïeul, le berceau de l’enfant, la tombe des ancêtres. À partir de 1841, le portrait devient plus facile à réaliser. La pratique du portrait post mortem se répand. Alain Corbin le rappelle : « Support de la remémoration, la photo renouvelle la nostalgie. Pour la première fois, il devient possible à la majorité de la population de se représenter les ancêtres disparus (…)1

Dès ses débuts, la photographie opère donc un resserrement affectif et temporel avec les défunts. Sur ce point, Roland Barthes a écrit dans « La chambre claire » ce très beau passage : « La photo de l’être disparu vient me toucher comme les rayons différés d’une étoile. Une sorte de lien ombilical relie le corps de la chose photographiée à mon regard : la lumière quoique impalpable, est bien ici un milieu charnel, une peau que je partage avec celui ou celle qui a été photographié ».2

Je rappelle que Roland Barthes a rédigé cet ouvrage peu de temps après la mort de sa mère dont il était très proche et que c’est à partir d’une photo de celle-ci que l’auteur développe ses réflexions et s’engage dans la recherche du « génie » propre de la photographie.3

C’est donc une « note sur la photographie » (sous-titre) qui répond à des notes sur le deuil auquel il fait face. Cette précision biographique est importante car le livre entier est hanté par la mort : celle de sa mère, mais aussi celle présente dans chaque photo selon l’auteur. D’ailleurs, il écrit : « Tous ces jeunes photographes qui s’agitent dans le monde, se vouant à la capture de l’actualité, ne savent pas qu’ils sont des agents de la Mort ».4 Puis il rajoute un peu plus loin : « Car la Mort, dans une société, il faut bien qu’elle soit quelque part ; si elle n’est plus (ou est moins) dans le religieux, elle doit être ailleurs : peut-être dans cette image qui produit la Mort en voulant conserver la vie ». 5

Ce qui est d’autant plus troublant, c’est que Roland Barthes meurt un mois après la publication de cet ouvrage, d’une certaine façon, testamentaire. Le 25 février 1980, il se fait renverser par une camionnette alors qu’il se rend à son cours au Collège de France dont il occupe la chaire de sémiologie. Il meurt un mois plus tard des suites de complications pulmonaires à l’âge de 64 ans.

Qu’il en ait conscience ou pas, le photographe entretien une relation privilégiée avec le temps.

D’ailleurs, je recommande vivement de voir le film japonais « La Famille Asada »6 qui s’inspire de la vie du photographe Masashi Asada. Ce film est une véritable pépite. Très drôle et touchant à la fois, ce film d’une grande humanité suit le parcours d’un jeune photographe un peu perdu et décalé à travers lequel le réalisateur explore l’importance du souvenir, de la famille, de la transmission et de la place de l’artiste au Japon.

Mais alors, pourquoi cet impérieux besoin de capturer ces instants de vie ?

Pour se souvenir contre une mémoire défaillante qui s’érode avec le temps ? Contre l’oubli ou la mort ?

Enfant, j’ai été très tôt, confronté à l’idée de la mort et à l’absence d’un être cher. En effet, ma mère a été affectée par une maladie auto-immune très grave qui l’a obligé à effectuer des séjours répétés à l’hôpital avec des périodes où le pronostic vital était engagé. Par je ne sais quel miracle, elle survécut à toutes ses épreuves mais je garde encore en moi cette grande difficulté par laquelle nous sommes passés. La maladie, la folie, la disparition et l’absence ont hanté durant une grande partie de mon enfance mes pensées. D’ailleurs, si je suis éducateur dans le domaine du handicap mental, c’est peut-être lié à cette expérience de vie. Et si la rencontre avec la photographie a changé le cours de ma vie, ce n’est certainement pas dû seulement au hasard.

Et si la photographie jouait justement à contre-temps cherchant à s’évader hors du temps et à nous donner l’impression qu’une partie de nous-même incarnée dans cette image survive au temps ?

Au-delà d’apporter un témoignage sur notre époque à travers l’histoire, n’y a-t-il pas dans la photographie et surtout dans le rapport que nous entretenons avec elle une volonté inavouée d’échapper à la mort ?

Dans cette ambivalence entre présence et absence, la photographie instaure un rapport au temps très particulier puisqu’elle a simultanément la faculté de montrer ce qui a disparu et de l’actualiser. Comme l’écrit Roland Barthes la photographie est « l’image vivante d’une chose morte » puisque le présent meurt à chaque instant.

La photographie est donc une forme d’interface entre la vie et la mort, la présence et l’absence, et le photographe est, selon moi, une sorte de thaumaturge qui à le pouvoir d’arrêter le temps.

Mais alors, pourquoi cet impérieux besoin de capturer ces instants de vie ?

Pour se souvenir contre une mémoire défaillante qui s’érode avec le temps ? Contre l’oubli ou la mort ?

Enfant, j’ai été très tôt, confronté à l’idée de la mort et à l’absence d’un être cher. En effet, ma mère a été affectée par une maladie auto-immune très grave qui l’a obligé à effectuer des séjours répétés à l’hôpital avec des périodes où le pronostic vital était engagé. Par je ne sais quel miracle, elle survécut à toutes ses épreuves mais je garde encore en moi cette grande difficulté par laquelle nous sommes passés. La maladie, la folie, la disparition et l’absence ont hanté durant une grande partie de mon enfance mes pensées. D’ailleurs, si je suis éducateur dans le domaine du handicap mental, c’est peut-être lié à cette expérience de vie. Et si la rencontre avec la photographie a changé le cours de ma vie, ce n’est certainement pas dû seulement au hasard.

Et si la photographie jouait justement à contre-temps cherchant à s’évader hors du temps et à nous donner l’impression qu’une partie de nous-même incarnée dans cette image survive au temps ?

Au-delà d’apporter un témoignage sur notre époque à travers l’histoire, n’y a-t-il pas dans la photographie et surtout dans le rapport que nous entretenons avec elle une volonté inavouée d’échapper à la mort ?

Dans cette ambivalence entre présence et absence, la photographie instaure un rapport au temps très particulier puisqu’elle a simultanément la faculté de montrer ce qui a disparu et de l’actualiser. Comme l’écrit Roland Barthes la photographie est « l’image vivante d’une chose morte » puisque le présent meurt à chaque instant.

La photographie est donc une forme d’interface entre la vie et la mort, la présence et l’absence, et le photographe est, selon moi, une sorte de thaumaturge qui à le pouvoir d’arrêter le temps.

4. L’obsession de la créativité

 Quel photographe ne cherche pas l’inspiration ? Certes, on peut faire des photos sans créativité mais quel photographe ne la cherche pas ? C’est un peu comme un pêcheur de perles. Ce n’est pas parce qu’il ne remonte que des huitres qui en sont dépourvues qu’il ne les cherche pas.

Mais d’où vient cet irrésistible besoin de créativité ? Créer n’est-ce pas un moyen de donner du sens à sa vie ? Et en partageant le fruit de son inspiration de permettre aux autres de donner du sens à la leur ?

Ce qui transforme le monde en profondeur, c’est la culture, et qui l’influence si ce n’est l’art et donc les artistes ? L’art est bien plus qu’un simple passe-temps, c’est une façon d’exister et même une façon de transcender notre existence et de faire évoluer notre société.

Étrangement, le terme créateur a été employé pendant longtemps pour désigner Dieu. Et puis progressivement, l’homme a opéré un glissement sémantique à ce terme religieux pour désigner au sens figuré celui ou celle qui crée ou invente quelque chose. L’artiste est donc devenu un créateur partageant avec dieu son don de créer à partir de rien. Car, en effet, si on considère que dieu à créer l’univers à partir du néant, on peut considérer que l’artiste crée une œuvre d’art de sa pensée, la lumière, à partir du néant, c’est-à-dire de la non-pensée.

Créer est donc dans notre nature et représente un besoin fondamental d’exister et même, comme je l’énonçais précédemment, une façon de transcender notre existence. Cet héritage consubstantiel à notre essence n’est-elle pas la preuve de notre affiliation lointaine avec l’univers ?

La photographie est donc un moyen parmi tant d’autres d’exister et d’exprimer cet irrépressible besoin de créativité.

En dehors de toute considération religieuse ou métaphysique, pourquoi le photographe a tant besoin d’exprimer sa créativité ?

Certaines personnes ont en effet plus besoin que d’autres de se sentir exister en exprimant ce qu’elles ressentent, de la même façon que certaines ont plus de choses à dire que d’autres. Mais ce n’est pas parce qu’elles ont ce besoin qu’elles ont forcément quelque chose d’intéressant à exprimer.

Comment affiner sa créativité, son inspiration pour qu’elle soit originale et ne soit pas un simple copier-coller de ce qui existe déjà ?

Je pense qu’il y a autant de méthodes que de photographes et que chacun a des astuces pour stimuler son inspiration.

Je vais donc vous parler de mes astuces pour stimuler ma créativité, étape indispensable du processus créatif.

Tout d’abord, il me semble important d’améliorer dès que cela est possible sa culture générale et d’être curieux. Ensuite s’aérer l’esprit en marchant, courant ou en faisant du vélo m’apparait indispensable. J’utilise chaque jour le vélo pour aller travailler. Des idées intéressantes émergent souvent durant ces moments. Dès qu’une idée surgit, je la note dans un carnet.

Lors de mes séances photographiques, je me fie énormément à l’intuition. Et à force de la stimuler, elle devient de plus en plus prégnante.

En fait, c’est quoi exactement l’intuition et comment faire pour développer cette faculté ? Tout d’abord, il me semble important d’être à l’écoute de ses sentiments et de se faire confiance. Il me semble également indispensable de lâcher prise avec toute forme de raisonnement et de pensée. Appuyez sur le déclencheur de l’appareil photo dès que vous en ressentez l’envie et réfléchissez seulement après. La photo de rue est une des disciplines qui requiert le plus de réactivité pour réussir à saisir l’instant décisif. L’intuition est un sentiment irrationnel d’une réalité qui se présente à l’esprit comme une évidence et qui parfois se manifeste comme un pressentiment.

Le processus créatif suit plusieurs étapes dont l’intuition sur le terrain puis, dans un deuxième temps, une analyse fine des photos récoltées.

L’inspiration ou la créativité découle finalement d’un mélange subtil entre l’intuition et la réflexion et d’une certaine dose d’obsession je dois bien l’avouer.

5. Conclusion

Alors certes, l’intitulé de cet article présente le photographe comme un obsessionnel mais l’obsession ne peut-elle pas être vertueuse dès lors qu’elle conduit vers le perfectionnisme. Cette quête incessante de la perfection pousse les photographes à affiner leurs compétences techniques et artistiques et produire des images de qualités pour le plus grand plaisir des lecteurs d’images.

L’obsession conduit également les photographes à repousser les limites de leur art avec ce désir constant de s’améliorer et offrent ainsi à la photographie la richesse d’un patrimoine de qualité avec parfois des innovations majeures qui influencent la culture.

L’obsession est une force motrice dans la vie des photographes les incitant à atteindre des niveaux d’excellence et de créativité qui seraient autrement inaccessible. De plus, chez les photographes qui ont décidé d’en faire leur métier principal, cet engagement total se traduit par une détermination sans faille à surmonter les obstacles et à atteindre les objectifs fixés.

La passion est donc une obsession positive.

Si l’histoire de l’art n’avait pas été traversée par des artistes exceptionnellement obsessionnels, notre patrimoine culturel serait d’une affligeante pauvreté.

L’obsession dans la photographie peut également être un moyen thérapeutique pour apprendre à mieux se connaitre, à se transformer, à se découvrir de nouvelles capacités et forces cachées.

Alors même si j’ai traité le sujet de façon incomplète en soulevant plus de questions qu’en y apportant de réponses, je pense avoir tout de même introduit quelques pistes de réflexions. Je ne propose pas une analyse scientifique de la question mais plutôt une ébauche de mes impressions de photographe.

Et puis, après tout, le photographe obsessionnel n’est-il pas, comme le chante si bien Arthur H dans son dernier album, accro à l’addiction ? Alors autant mettre notre tendance à l’addiction au service de l’art, de la culture et de la créativité plutôt qu’au service d’une des nombreuses pathologies cérébrales qui aliènent ce monde. C’est le génie de l’art de transformer une pathologie en passion créatrice.

N’hésitez surtout pas à donner votre avis en commentaire.

Et si quelqu’un vous traite d’obsessionnel avec l’habituelle connotation péjorative qu’on attribue à ce terme, invitez cette personne à lire cet article et apporter sa réflexion au débat.

Je vous souhaite le meilleur et vous dis à bientôt !

Evgen Bavcar est né

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Dom RENCKEL
Dom RENCKEL
2 mois il y a

Bravo et merci pour ce très bel article et pour le blog en général.

Philippe Dossmann
Philippe Dossmann
2 mois il y a

Très intéressante réflexion, entre impressions et tentatives d’analyse, subtilement documentée et illustrée par de grands auteurs et créateurs.
Elle dessine en filigrane le chemin de pensée d’un poète, le nez au vent sur son vélo, son appareil photo en bandoulière, qui donne sa chance au jour et à sa lumière.
Ses rendez-vous quotidiens l’arrachent au temps qui passe en fixant des instants qu’il collectionne comme un entomologiste.
Bravo Fabrice Mercier !

CARE
CARE
2 mois il y a

Bravo je trouve beaucoup de profondeur dans ce texte et je suis totalement d’accord avec cette réflexion.

Sylvie
2 mois il y a

Toujours de la lecture très intéressante, merciiiiii 🙂

Milsant
Milsant
2 mois il y a

Bravo pour cet article particulièrement nourri ! Merci encore Fabrice pour ce partage inspirant 👏👏👏

Francine
Francine
1 mois il y a

L’obsession est un trait commun à tous les artistes. C’est même à ça qu’on les reconnaît ! 😉
L’obsession, le désir intense, le besoin vital. Tout être humain est créatif, mais n’a pas forcément les moyens, les clés pour l’exprimer. C’est un chemin à trouver, qui peut être tortueux…
Bravo pour ce nouvel article qui provoque la réflexion